Manuvie

Qu’on retrouve l’envie !

La vie est parfois moqueuse, rockeuse et se rit des avis définitifs. Le temps qui passe met des coudes aux rivières que l’on croyait droites. Dans les années 1960, la furie d’un Johnny inquiétait les intellectuels, désespérait nombre de parents et d’exploitants de salles de concerts quand les fauteuils arrachés volaient en escadrille.

Dans les colonnes du Monde, en septembre 1960, la journaliste Claude Sarraute évoquait « les soubresauts » et les « convulsions » d’un « grand flandrin rose et blond ». Samedi, devant une église, c’est un président de la République qui a rendu hommage à celui qui, désormais, entre dans la postérité avec le statut étoilé d’icône de la nation. Que de chemin parcouru, de litres de sueurs évacués sur des scènes violentes et des lumières bizarres, de cigarettes grillées, d’alcool englouti, de gloires enflammées et de matins de cendres. Qu’importe… Johnny a duré, chanté comme personne, fait l’objet d’une idolâtrie débridée et d’un agacement certain. Il est devenu, au fil du temps, une forme d’incarnation des contradictions françaises.

Révélé et porté par les ardentes Trente Glorieuses, il s’est éteint dans une période de doutes et de bouleversements profonds. Il est le symbole des rassemblements populaires, de la communion en chanson mais aussi d’un individualisme forcené. Celui qui pousse à rouler trop vite à moto ou à filer en Suisse avec le magot. Johnny a porté les espoirs et les renoncements d’une génération qui a connu Mai-68, cru en l’anarchie et ouvert grand les portes de la société de consommation.

Il est l’exutoire et la psychanalyse sur papier glacé des baby boomers. Il a accompagné de ses conquêtes la libération sexuelle, mis au jour les angoisses et les joies de la paternité, versé les larmes du divorce et magnifié la passion amoureuse… Il a rêvé d’une liberté venue de l’Ouest et s’est souvent perdu dans le whisky. Il était la gloire messianique descendue du ciel pour enflammer un stade et le pauvre hère carbonisé d’autodestruction cherchant un sens à sa vie.

 Dans une société rêvant de jouvence, portant le bien-être aux nues de ses préoccupations, fermant les yeux sur la fin de vie, on finissait par croire Johnny immortel, increvable. C’était presque rassurant. Jean-Philippe Smet est mort rongé par un cancer comme des milliers d’autres français.

Hier, l’heure était au rassemblement national parce que le deuil masque toujours les aspérités de la vie et qu’au fond, on a tous quelque chose en nous de Johnny. Au moins une chanson fredonnée sous la douche, hurlée dans une voiture, un Je te promets qui nous ouvre le Cœur en deux.

« Et maintenant ? » chantait Johnny lors de sa tournée d’adieux. Il nous faut trouver de nouveaux rêves… Ils ne viennent plus d’une Amérique soulevée par le rock’n’roll des sixties. Ils sont à construire sur des bases nouvelles que l’on sent émerger. Ils seront moins bercés par la soif de consommer que par l’urgence de sauver et de réinventer un monde que l’on croyait éternel et qui ne l’est pas. Qu’on en trouve l’envie

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