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Silver economy: les seniors, c’est l’avenir!

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Bien souvent, un tournant décisif s’amorce sur un simple détail, un changement aussi discret que significatif. Comme par exemple lorsqu’en 2012 la société Unicharm Corp, plus grand fabricant de couches au Japon, annonçait que pour la première fois ses couches pour adultes se vendent désormais en plus grandes quantités que celles pour bébé.

Conséquence logique de l’évolution démographique d’un monde post révolution sanitaire et sans grand conflit mondial, voilà donc que des pans économiques entiers doivent s’adapter à l’apparition de consommateurs de plus en plus âgés. Ce qu’on appelle en France la «silver économie» serait ainsi vouée à s’imposer comme une force majeure du marché.

L’utilisation du terme «silver», gris en anglais, en référence à la couleur de cheveux des personnes du troisième âge, trouverait son origine au Japon, encore une fois. Précisément au 15 septembre 1973, date dite du respect aux personnes âgées. Ce jour là des sièges gris seront utilisés spécialement pour les seniors. Un détail pour l’histoire qui marque le début d’une lente considération particulière pour une part de marché grandissante mais dont l’essor commence à peine à se faire voir.

L’ambition

Il faudra en effet attendre une autre ère pour que les «silver» innovations fleurissent. Soit l’ère actuelle où les baby-boomers sont désormais à la retraite. Pour prendre l’exemple français, l’Insee indique qu’au 1er janvier 2016 les personnes de 65 ans et plus représentaient 18,8% de la population, «soit une progression de 3,7 points en vingt ans». À titre de comparaison, les Français et Françaises âgées de 15 à 30 ans, cible si chère aux annonceurs et autres stratégies marketing, constituent le même pourcentage de population. Et les années à venir risquent d’amplifier le phénomène: en 2050, un tiers du pays aura plus de 60 ans, et nous serons de plus en plus vieux: cette même année, l’espérance de vie à la naissance pourrait atteindre 91 ans pour les femmes et 86 ans pour les hommes.

Une réalité statistique forcément remarquée en plus haut lieu et qui débouchera en 2013 sur le lancement, par le gouvernement Ayrault, d’une filière consacrée à la silver économie sous la responsabilité de Michèle Delaunay, alors ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie dans le gouvernement Ayrault. L’ambition affichée est grande, énorme même: selon un rapport commandé par la ministre déléguée, la filière pourrait déboucher sur 300.000 créations d’emplois.

Différentes start-ups mettent alors la main à la pâte. Entre autres initiatives on peut citer Facipill, application permettant entre autres aux pharmaciens partenaires de paramétrer eux-mêmes la prise de médicament du patient, l’application se chargeant ensuite de rappeler à ce dernier ce qu’il doit prendre et quand il doit le prendre.

Lent à la détente

Parce que l’allongement de la durée de vie doit nous pousser à envisager une multiplicité de situations de pertes d’autonomie –selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), près de 2,3 millions de personnes âgées pourraient se retouver en situation de dépendance d’ici 2060, soit deux fois plus qu’aujourd’hui, certains tentent de trouver des solutions. Comme l’entreprise qui a mis au point Cutii, robot d’assistance créé à Roubaix. Cet écran monté sur des roues et capable de se déplacer d’une pièce à l’autre se charge de maintenir une relation audiovisuelle entre le sénior isolé et le monde extérieur, qu’il s’agisse des proches, du personnel médical ou de simples accompagnants.

Agrémenté d’une reconnaissance faciale et d’un détecteur de chute, Cutii représente un beau condensé de ce que la technologie peut apporter en termes de sécurité et d’amélioration des conditions de vie. Le projet a d’ailleurs reçu de nombreux prix, en plus de quelques articles et reportages favorables. Mais Cutii a vu son lancement plusieurs fois repoussé et sa formule d’abonnement à 90 euros par mois semble peiner à trouver son public.

Le coût que représentent ces innovations est en effet un des freins que connaît aujourd’hui la silver économie. Comme le rappelle une récente enquête du site «Les Jours», une étude publiée en 2016 a chiffré les créations d’emploi à seulement 7.932, soit, quasiment à mi-chemin, moins de 3% des 300.000 postes espérés d’ici à 2020.

Ce démarrage spectaculairement lent, que nos confrères expliquent aussi par le classique manque de suivi gouvernemental une fois faites les grandes annonces, s’ajoute à une définition fluctuante de ce qu’est la silver économie. Outre que les besoins du troisième âge sont de plus en plus différents selon que l’on s’approche plutôt des 60 ou des 85 ans, la question est aussi de se demander si une filière concerne les services pour le troisième âge ou si elle doit inclure des services par le troisième âge? C’est là un autre enjeu de l’évolution démographique actuelle: être à la retraite ne signifie plus forcément être inactif.

Place aux géants

Autre start-up, Mamie Foodie a fondé son concept sur cette nouvelle réalité. Traiteur à destination de cocktails et autres team-building, ce sont ici des seniors qui sont aux fourneaux, jouant sur l’attrait universel pour les «recettes de grand-mères». Si la rémunération peut paraître maigre (250 euros par mois), il faut préciser que Mamie Foodie travaille en collaboration avec l’association «Les Petits frères des pauvres», s’engageant ainsi à ancrer sa démarche dans une lutte contre l’isolement des personnes de troisièmes âges le plus souvent ravies de cuisiner leur recette favorite en multipliant les rencontres.

À la fois service par et pour, Mamie Foodie est ainsi une des rares entreprises a répondre à la complexe équation qui entoure la silver économie. Aussi, la start-up de restauration, en insistant sur l’aspect «recette de grand-mère» a su faire des seniors un atout d’image. Par définition les start-ups sont, du moins au début, de petites boîtes ne pouvant guère conquérir un marché représentant quasiment un quart de la population hexagonale. Les grosses entreprises doivent s’investir mais auraient peur de vieillir leur image.

Une crainte que ne semblent pas partager les mastodontes japonais, encore et toujours. Comme le souligne le Portail d’information de la communauté d’affaires française au Japon, Toyata développe des systèmes d’aide électronique à la conduite, Fujitsu a une gamme de téléphone dédiée aux seniors et travaille sur une canne avec système intégré de navigation et de localisation. Inspiré, peut-être par l’État, qui a débloqué l’équivalent de «17 millions d’euros pour le développement de robots d’assistance à la personne, et prévoit de les inclure dans le système de couverture sociale». De quoi créer un peu plus que 7.932 emplois.

D’où viendront les problèmes de santé de demain? Comment les anticiper, les gérer et protéger les plus faibles? Quelles attentes, quelles frontières? Des questions auxquelles tenteront de répondre les experts réunis le 30 novembre lors du colloque «Santé et protection sociale: nouvelles attentes, nouvelles frontières» au collège des Bernardins à Paris, par AG2R La mondiale en partenariat avec Terra Nova.

Source : www.slate.fr

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