Vivre dans sa voiture en Amérique : On ne peut peut-être pas régler seuls la crise du logement… mais on peut agir
Dernière mise à jour : 22 sept.
Et si, 10 $ à la fois, nous étions des milliers à contribuer pour empêcher des personnes de perdre leur toit? CITÉ BOOMERS LANCE UNE IDÉE : TOIT SOLIDAIRE — AGIR AVANT LA RUE !
Chacun donne un peu, mais personne n’agit seul.

Il y a près de 20 ans déjà, nous avions commencé à observer le phénomène du côté de Santa Monica, en Californie : des gens qui dormaient dans leur voiture parce qu'ils n'avaient tout simplement plus de logement. À l'époque, cela pouvait nous sembler bien loin de notre réalité. On associait encore beaucoup l'itinérance aux personnes vivant dans la rue ou fréquentant les refuges. Aujourd'hui, le visage de l'itinérance est beaucoup plus complexe. Cette semaine encore, Le Fil nous présentait le cas troublant d'un père vivant dans un VUS avec ses deux enfants.
Un père. Deux enfants. Un véhicule comme maison. Et c'est peut-être ce qui nous oblige aujourd'hui à regarder le phénomène autrement.
ON PEUT TRAVAILLER ET NE PLUS ARRIVER À SE LOGER
Perdre son logement ne signifie pas nécessairement ne pas avoir de revenu. Des travailleurs à faible revenu, mais aussi des personnes occupant un emploi à temps plein, peuvent ne plus réussir à absorber le coût d'un nouveau logement. Une éviction, une séparation, une perte temporaire de revenus, une dépense importante ou la fin d'un bail peut suffire à faire basculer une situation financière déjà fragile.
Dans l'enquête fédérale canadienne Tout le monde compte 2024, 40 % des personnes interrogées en situation d'itinérance indiquaient qu'une éviction avait contribué à la perte de leur logement. Et 18 % avaient passé au moins une nuit dans un véhicule au cours de l'année précédente. Voici des reportages pertinents sur ce sujet :
UNE ITINÉRANCE QU'ON NE VOIT PAS TOUJOURS
Une personne peut arriver au travail chaque matin correctement habillé sans que ses collègues sachent qu'elle a dormi dans le stationnement d'un centre commercial ou dans une rue tranquille. Il faut trouver des toilettes. Un endroit où prendre une douche. Où laver ses vêtements. Recharger son téléphone. Trouver où stationner sans être dérangé.
Et recommencer le lendemain. La voiture protège de la pluie et procure un minimum d'intimité, mais elle ne devient pas pour autant un logement. Au Québec, une difficulté supplémentaire s'ajoute évidemment : l'hiver. Dormir dans un véhicule lorsqu'il fait quelques degrés au-dessus de zéro est une chose. Lorsque la température descend à -15 ou -20 °C, la situation devient autrement plus préoccupante.
JEUNES, FAMILLES, TRAVAILLEURS, RETRAITÉS : UNE MÊME FRAGILITÉ

Les circonstances diffèrent, mais le problème de fond se ressemble. Un jeune sans soutien familial peut difficilement payer à la fois ses études, sa nourriture, son transport et un logement. Une famille peut voir son équilibre financier s'effondrer après une séparation ou une perte d'emploi. Un travailleur peut avoir un salaire, mais ne plus réussir à se reloger au prix actuel des loyers. Une personne retraitée peut avoir vécu 15 ou 20 ans dans le même appartement et découvrir, lorsqu'elle doit le quitter, que sa pension ne lui permet plus de se loger au prix du marché.
Les personnes de 50 à 64 ans représentaient 22 % des répondants à l'enquête canadienne de 2024 sur l'itinérance, et celles de 65 ans et plus, 5 %. À 65 ou 70 ans, devoir tout recommencer est déjà difficile. Dormir dans sa voiture en plein hiver l'est encore davantage.
ALORS, QUE FAIT-ON? TOIT SOLIDAIRE…UNE SOLUTION !!! Les organismes qui viennent en aide aux personnes en situation d'itinérance accomplissent un travail essentiel. Ils recueillent déjà des dons afin d'offrir de l'hébergement, des repas, des vêtements, des soins, de l'accompagnement et du soutien vers le logement.
Plusieurs interviennent également en prévention, auprès de personnes qui risquent de perdre leur logement. Alors pourquoi créer un nouvel organisme ou une nouvelle collecte de fonds qui viendrait simplement reproduire ce qui existe déjà?
En discutant de cette réalité, une autre idée nous est venue à Cité Boomers. Et si nous donnions aussi spécifiquement pour empêcher quelqu'un de se retrouver à la rue?
UN PETIT MONTANT CHAQUE MOIS… POUR AGIR AVANT -10 $ par mois.

-20 $ par mois. -50 $ par mois.
Pris individuellement, cela peut sembler bien peu. Mais 1 000 personnes donnant 10 $ par mois, ce sont 10 000 $ qui pourraient être consacrés chaque mois à la prévention. Et surtout, nul besoin de créer une nouvelle structure. Les organismes spécialisés possèdent déjà les équipes, l'expertise et la connaissance du terrain pour déterminer qui a besoin d'aide et de quelle façon intervenir. Il suffirait peut-être de permettre aux donateurs de contribuer à un fonds clairement identifié et consacré à la prévention de l'itinérance et au retour rapide vers un logement.
Chez Cité Boomers, en réfléchissant au concept, nous lui avons même donné un nom et un slogan : TOIT SOLIDAIRE : AGIR AVANT LA RUE
Toit solidaire ne serait ni un nouvel organisme ni une structure administrée par Cité Boomers. Ce pourrait être le nom d'un fonds distinct, administré par un organisme déjà établi et possédant l'expertise nécessaire.
Pourquoi lui donner un nom?
Parce que plusieurs donateurs aiment savoir concrètement à quoi servira leur contribution. Donner au fonctionnement général d'un organisme demeure évidemment essentiel. Sans intervenants, sans locaux, sans administration et sans services, aucune aide ne serait possible. Mais certaines personnes pourraient être davantage interpellées par un objectif très précis :« Mon 10 $ par mois va à Toit solidaire. Il s'ajoute à celui de centaines d'autres personnes pour aider quelqu'un à conserver son logement ou à retrouver rapidement un toit. » Et il y a aussi la force du collectif.
Donner seul est un geste. Donner avec des centaines ou des milliers d’autres personnes, c’est avoir le sentiment de faire partie d’une cause, d’un mouvement de solidarité où chaque petite contribution compte.
Mon 10 $ ne changera peut-être pas une vie à lui seul. Mais ajouté à votre 10 $, puis à celui d’un voisin, d’un collègue, d’une entreprise ou de centaines d’autres citoyens, il peut devenir une véritable force.
C’est aussi cela, Toit solidaire : chacun donne un peu, mais personne n’agit seul.
PARFOIS, IL NE MANQUE PAS UNE FORTUNE
-Une personne retraitée à qui il manque temporairement quelques centaines de dollars. Une famille qui traverse une période difficile -Un travailleur qui vient de perdre son logement et doit absorber rapidement les dépenses nécessaires pour en retrouver un. Une personne qui a trouvé un appartement, mais qui n'a pas les moyens d'assumer immédiatement certaines dépenses essentielles liées à son installation.
Évidemment, toutes les situations ne peuvent pas être réglées avec quelques centaines de dollars. Mais certaines peuvent peut-être empêcher une situation déjà fragile de basculer. Parfois, ce n'est pas d'une aide permanente dont une personne a besoin. C'est d'un pont pour traverser une période difficile.
Et intervenir à ce moment-là peut faire toute la différence.
ET SI ON POUVAIT CHOISIR OÙ VA NOTRE DON ?
Lorsqu'on fait un don à un organisme, on soutient généralement l'ensemble de sa mission. Mais certaines personnes pourraient avoir envie de préciser :
« Mon 10 $ ou mon 20 $ par mois, je veux qu'il serve à prévenir l'itinérance ou à aider quelqu'un à retrouver rapidement un toit. »
Un fonds clairement identifié permettrait ainsi de rendre beaucoup plus visible cette dimension de la lutte contre l'itinérance. Nous voyons les personnes qui ont besoin d'un refuge aujourd'hui. Nous voyons beaucoup moins celles qui, grâce à une intervention au bon moment, n'auront peut-être jamais besoin d'y entrer.
ET SI LES ENTREPRISES EMBARQUAIENT AUSSI?
Pourquoi réserver cette solidarité aux particuliers?
-Une entreprise pourrait contribuer chaque mois à un fonds de prévention. Un commerce pourrait proposer à ses clients d'ajouter volontairement 1 $ à certaines transactions.
-Des fondations ou de grands partenaires pourraient décider de bonifier les sommes recueillies.-Des municipalités pourraient faire connaître ces initiatives auprès de leurs citoyens.
-On pourrait même imaginer des campagnes au cours desquelles un partenaire s'engagerait à ajouter un dollar pour chaque dollar donné par les citoyens.
L'objectif ne serait pas de remplacer les programmes gouvernementaux ni les services déjà offerts. Ce serait d'ajouter une force supplémentaire : celle de citoyens et d'entreprises qui choisissent d'agir avant la rue.
CITÉ BOOMERS LANCE L'IDÉE
Soyons très clairs. Cité Boomers ne souhaite pas créer un organisme, recueillir les dons ni administrer un fonds. Ce n'est pas notre métier. Les organismes qui travaillent quotidiennement auprès des personnes vulnérables sont beaucoup mieux placés pour déterminer comment une telle initiative pourrait être structurée et comment les sommes devraient être utilisées.
Mais notre métier consiste aussi à observer notre société, à soulever des questions et, parfois, à lancer des idées. Alors aujourd'hui, nous en lançons une : TOIT SOLIDAIRE — AGIR AVANT LA RUE. -Peut-être qu'un organisme trouvera l'idée intéressante et voudra la reprendre.
-Peut-être qu'une fondation ou un regroupement d'organismes travaille déjà dans cette direction et pourrait rendre ce type de fonds beaucoup plus visible.
-Peut-être aussi que les spécialistes du terrain nous diront comment améliorer l'idée. Et ce serait très bien ainsi.
Parce que l'objectif n'est pas que Cité Boomers possède Toit solidaire. L'objectif est que l'idée serve.
ET VOUS, DONNERIEZ-VOUS 10 $ PAR MOIS?
Voilà finalement la question que nous aimerions poser à nos lecteurs. Si un organisme reconnu vous proposait de verser 10 $, 20 $ ou 25 $ par mois dans un fonds clairement consacré à prévenir l'itinérance et à aider des personnes à conserver ou retrouver un logement, le feriez-vous?
Parce qu'entre la personne qui possède encore les clés de son appartement aujourd'hui et celle qui dormira peut-être dans sa voiture demain, il existe parfois une courte période pendant laquelle on peut encore agir.
Nous devons évidemment continuer à construire des logements, à travailler sur leur abordabilité et à nous attaquer aux causes profondes de l'itinérance. Mais pendant que nous cherchons les grandes solutions de demain, peut-être pouvons-nous aussi empêcher quelqu'un de tout perdre aujourd'hui.
Et si notre petit 10 $ par mois contribuait à garder un toit au-dessus de la tête de quelqu'un?
Crédit photo : La photo est celle d'un homme de la région d'Ottawa, qui a passé 8 mois dans sa voiture prise par nos collègues de Ici Radio Canada
























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