Assaut-Mi-Mandat, de Thierry Arcand-Bossé

C’est en cours jusqu’au 6 décembre 2026 à Québec (247 Rue Saint-Vallier E)
Chiguer art contemporain est ravi de présenter Assaut-Mi-Mandat, une exposition solo de Thierry Arcand-Bossé qui, deux ans après Assaut, poursuit son exploration de la violence, de la fragilité de nos institutions démocratiques et de cette inquiétante facilité avec laquelle l’histoire peut être déformée, voire réécrite.
Thierry Arcand-Bossé, Assaut V, 2025, Aquarelle et tir à l’arme à feu sur papier aquarelle, 65.5 x 98.5 cm
« Ils n’ont pas donné l’assaut. Ce sont eux qui ont été attaqués », déclarait Donald Trump en 2025 pour défendre les émeutiers du Capitole du 6 janvier 2021. Cette inversion du récit historique constitue l’un des points de départ du projet. Dans une fiction volontairement anachronique, Arcand-Bossé imagine les vestiges d’une institution prise d’assaut, où des peintures auraient été prises pour cibles et déchiquetées sous les impacts de chevrotines. Il ne s’agit ni de reconstituer un événement ni d’en prédire un autre, mais de créer une métaphore de l’érosion du socle démocratique, à une époque marquée par la désinformation, la propagande et la polarisation. Les tableaux deviennent ainsi les témoins imaginaires d’une violence qui ne s’attaque pas seulement aux objets, mais aussi à ce qu’ils représentent : la culture, la mémoire et les valeurs d’une société.
Avant l’assaut, ces peintures représentent des paysages paisibles, presque idylliques, inspirés de la tradition romantique du XIXe siècle. Après des mois de travail minutieux, l’artiste accepte de soumettre ses propres créations à la violence d’un geste irréversible. La toile se déchire, la matière éclate, la composition se transforme. Entre la quiétude du paysage et la brutalité des impacts, une tension s’installe. Arcand-Bossé fait entrer le hasard dans une pratique habituellement fondée sur une grande maîtrise technique. En blessant symboliquement ses peintures, il interroge à la fois la vulnérabilité de l’œuvre d’art et celle des valeurs que nous croyons acquises. Le geste de destruction devient paradoxalement un acte de création.
Une exposition absolument extraordinaire qu'il ne faut surtout pas manquer. Ça fait des années que je suis le travail de Thierry Arcand-Bossé, l'un de mes artistes préférés. Il possède un remarquable talent peu importe le médium qu'il utilise pour produire ses œuvres.
Sylvain Tremblay


















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