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Carlos Sainz révèle son étonnant plan de retraite en F1

  • il y a 6 heures
  • 4 min de lecture

EN FORMULE 1 COMME DANS LA VIE : SOMMES-NOUS VRAIMENT TROP VIEUX POUR CONTINUER ?

Carlos Sainz, pilote espagnol de l’écurie Williams, a récemment évoqué son désir de poursuivre sa carrière en Formule 1 jusqu’à 45 ans. Dans un sport où la vitesse, les réflexes, l’endurance physique et la concentration sont poussés à l’extrême, cette ambition peut étonner.

Mais elle soulève surtout une question beaucoup plus large : pourquoi associons-nous encore si facilement performance et jeunesse ?

Pour les 55 ans +, la question mérite d’être posée. Dans le sport comme dans la vie professionnelle, les loisirs ou les projets personnels, l’âge détermine-t-il réellement ce que nous sommes encore capables d’accomplir ?

Quand l’âge cesse d’être une date de péremption

Carlos Sainz est encore loin de faire partie des 55 ans +. Mais son désir de prolonger sa carrière prend tout son sens lorsqu’on regarde ce qui se passe autour de lui. Fernando Alonso a continué de piloter en Formule 1 bien après 40 ans, dans une discipline pourtant reconnue comme l’une des plus exigeantes au monde.

Ce genre de parcours contribue à faire évoluer notre perception de l’âge. Pendant longtemps, la trajectoire semblait toute tracée : apprendre lorsqu’on est jeune, performer pendant quelques décennies, ralentir ensuite et finalement se retirer. Aujourd’hui, les frontières sont beaucoup moins nettes. À 55, 60, 65 ou même 70 ans, plusieurs personnes travaillent encore, créent des entreprises, voyagent, pratiquent des sports, écrivent, retournent aux études ou entreprennent des projets qu’elles n’auraient jamais imaginé réaliser plus jeunes.

La vraie question n’est peut-être plus : “Quel âge ai-je ?”, mais plutôt : “Ai-je encore le désir et les capacités de le faire ?”

L’expérience peut-elle compenser certaines pertes liées à l’âge ?

Avec les années, le corps change. Il serait absurde de prétendre le contraire. Les réflexes, la récupération ou l’endurance peuvent évoluer.

Mais nous gagnons aussi autre chose : de l’expérience, une meilleure connaissance de soi, davantage de maîtrise émotionnelle et, souvent, une meilleure capacité à évaluer les situations.

En Formule 1, un pilote expérimenté ne compte donc pas uniquement sur sa rapidité. Il possède des milliers d’heures de conduite, connaît mieux ses réactions et sait gérer la pression.

Il en va souvent de même dans la vie professionnelle.

À 60 ans, on ne travaille pas nécessairement comme à 30 ans. On peut toutefois posséder une expertise, un jugement et une capacité à anticiper les problèmes qu’on n’avait tout simplement pas trois décennies auparavant.

Vieillir ne signifie donc pas forcément devenir moins performant. Cela peut signifier devenir performant autrement.

Continuer demande toutefois de s’adapter

Carlos Sainz sait que s’il souhaite prolonger sa carrière, il devra prendre soin de sa condition physique et mentale. C’est probablement là que son discours rejoint le mieux la réalité des 55 ans +. Continuer à faire ce que l’on aime avec les années demande parfois quelques ajustements : respecter davantage son corps, récupérer plus longtemps, entretenir sa santé, apprendre de nouvelles technologies et accepter de modifier certaines habitudes.

S’adapter ne signifie pas renoncer.

Au contraire, l’adaptation est peut-être l’une des grandes forces que nous développons en vieillissant.

Pensons seulement à la révolution numérique. Une personne de 65 ans aujourd’hui a commencé sa vie professionnelle sans téléphone intelligent, sans Internet, sans médias sociaux et probablement sans intelligence artificielle. Pourtant, des millions de personnes de cette génération utilisent maintenant quotidiennement ces technologies.

Voilà une capacité d’adaptation dont on parle rarement.

Et si le plaisir devenait le véritable moteur ?

Un autre élément du discours de Carlos Sainz mérite notre attention : le plaisir.

Pourquoi continuer aussi longtemps dans un sport aussi exigeant ?

Parce qu’il aime encore courir.

Voilà peut-être la plus belle leçon à retenir. Après 55 ou 60 ans, nous sommes nombreux à nous demander ce que nous voulons conserver dans notre vie et, au contraire, ce dont nous souhaitons nous libérer. La carrière, les obligations et le regard des autres n'occupent plus nécessairement la même place. Nous pouvons parfois choisir davantage.

Continuer à travailler parce qu’on aime son métier n’est pas la même chose que travailler parce qu’on y est obligé. Faire du sport pour battre un record n’est pas la même chose que bouger parce que cela nous procure du plaisir. Et entreprendre un nouveau projet à 65 ans peut être beaucoup plus grisant que de se demander si nous sommes « trop vieux » pour le réaliser.

Alors, trop vieux… selon qui ?

Carlos Sainz veut courir jusqu’à 45 ans. Fernando Alonso a déjà démontré qu’un pilote pouvait demeurer en Formule 1 bien au-delà de 40 ans.

Nous ne sommes évidemment pas tous des pilotes de Formule 1.

Mais leur parcours nous invite à remettre en question une idée qui persiste encore : celle d'une date à partir de laquelle il faudrait automatiquement ralentir, se retirer ou laisser la place aux plus jeunes.

À 55, 60 ou 70 ans, nous ne pouvons peut-être plus tout faire exactement comme à 30 ans.

Mais cela ne signifie certainement pas que nous avons fini d’apprendre, de créer, de travailler, de nous dépasser ou de nous passionner.

Et si la véritable longévité consistait moins à rester jeune qu’à continuer d’avoir envie ?

 

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