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L’alimentation, tout un paradoxe

  • 22 août
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 août

Jamais les consommateurs n’ont eu accès à autant de produits provenant des quatre coins du monde. Pourtant, un nombre grandissant de Québécois peinent à se nourrir convenablement. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, plus d’une personne sur cinq vivrait dans un ménage touché par l’insécurité alimentaire. Celle-ci ne signifie pas nécessairement ne plus avoir du tout de nourriture, mais plutôt vivre dans l’incertitude, réduire la qualité ou la quantité des aliments achetés et, parfois, sauter des repas faute d’argent.

Le Bilan-Faim 2025 révèle également que le réseau des Banques alimentaires du Québec répond maintenant à plus de trois millions de demandes d’aide chaque mois, un sommet historique. Attention toutefois : il s’agit du nombre de services rendus et non de trois millions de personnes différentes. Environ 600 000 personnes distinctes reçoivent mensuellement du soutien du réseau.

Des produits venus de loin… parfois moins chers

Voilà qu’apparaît un autre paradoxe. Dans certains magasins à rabais ou de liquidation, on trouve des croustilles fabriquées au Maroc ou en Algérie et des produits venus de Corée à des prix parfois inférieurs à ceux des marques canadiennes.

Comment un aliment ayant parcouru des milliers de kilomètres peut-il coûter moins cher qu’un produit fabriqué ici ?

Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : surplus d’inventaire, changement d’emballage, fin de série, commande annulée, date « meilleur avant » rapprochée ou achat d’un important lot par le détaillant. Les différences entre les coûts de production et les stratégies de prix des distributeurs entrent également en jeu.

La provenance lointaine de ces produits soulève néanmoins des questions sur le transport, l’environnement et la difficulté, pour les producteurs locaux, de concurrencer certaines marchandises importées.

Ces aliments ne sont pas nécessairement illégaux ou moins sécuritaires. Les produits importés doivent respecter les exigences canadiennes en matière de salubrité et d’étiquetage. En cas de doute, mieux vaut examiner la liste des ingrédients, le tableau nutritionnel, le pays d’origine, l’état de l’emballage ainsi que les coordonnées de l’importateur.

Quand les produits d’ici deviennent plus abordables

Les magasins de liquidation peuvent aussi permettre de découvrir des produits québécois à prix réduit. Lors du Festival des vins de Saguenay, Michel Barrette faisait notamment déguster des tourtières du Lac-Saint-Jean offertes autour de 30 $ pour huit portions. Notre correspondant régional les a trouvées fort bonnes. Mais une tourtière à moins de 20 $ goûte parfois encore meilleur ! Lors de notre dernière visite chez Liquidation Marie, le même type de produit était offert autour de 15 $, et les réfrigérateurs étaient bien remplis.

Les marchés publics et fermiers peuvent également réserver de belles aubaines. En fin de journée, certains producteurs réduisent le prix de leurs fruits et légumes afin d’éviter les pertes. Il est aussi possible d’économiser en surveillant les sections de produits imparfaits, les aliments approchant de leur date « meilleur avant » et les applications consacrées aux surplus alimentaires.

« Meilleur avant » ne veut pas dire « mauvais après »

La mention « meilleur avant » concerne principalement la fraîcheur, la texture, la saveur et la valeur nutritive d’un aliment non ouvert. Elle ne constitue pas automatiquement une date après laquelle le produit devient impropre à la consommation.

La prudence demeure toutefois essentielle avec les aliments périssables, particulièrement la viande, le poisson, les produits laitiers et les plats réfrigérés. Il faut vérifier leur température de conservation, l’intégrité de l’emballage et leur apparence avant de les acheter. Dans un contexte où le panier d’épicerie gruge une part toujours plus importante du budget, comparer les prix, visiter les commerces de liquidation et profiter des rabais de fin de journée peut réellement faire une différence.

Comme le disait si bien une grande dame de la télévision : il faut savoir faire de petites économies pour pouvoir se permettre de grandes dépenses !

André Maccabée

















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