Pourquoi de plus en plus de gens choisissent de se déconnecter, le temps d'une pause ?
- il y a 15 minutes
- 3 min de lecture

On les voit partout. Au restaurant, à la table voisine, un couple ne se parle presque pas. Les yeux baissés. Chacun répond à ses messages. Entre deux bouchées, seul ou entre amis, on consulte ses notifications. Le silence n’est plus un malaise… il est numérique.
On parle beaucoup des jeunes et de leur dépendance aux écrans. Pourtant, la tentation de la connexion permanente touche toutes les générations. Les textos arrivent en continu. Les nouvelles défilent. Les réseaux sociaux captent l’attention. Et sans s’en rendre compte, on développe un réflexe : celui de vérifier.
Ce n’est pas une faiblesse morale. C’est neurologique. Pourquoi ?
Chaque notification déclenche une petite décharge de dopamine, la molécule associée à l’anticipation et à la récompense. Le cerveau adore cette stimulation rapide. Il en redemande. Plus on consulte, plus le circuit se renforce. Peu à peu, le geste devient automatique.
Les spécialistes parlent aujourd’hui de dépendance comportementale. Il n’y a pas de substance extérieure. C’est le comportement lui-même qui active les mêmes circuits cérébraux que certaines dépendances plus connues, comme l’alcool, la drogue ou même la surconsommation alimentaire. Le processus neurologique est comparable : recherche de stimulation, récompense, répétition.
La différence ? L’hyperconnexion est devenue un phénomène socialement valorisé. Être joignable en tout temps est perçu comme normal, efficace, moderne. Ce qui rend cette dépendance plus discrète… et parfois plus difficile à reconnaître et à s’avouer !!!
Ce cycle, répété des dizaines de fois par jour et même plus, maintient le cerveau en état d’alerte constant et comme normalisé par la société devient une dépendance banalisée.
Une fatigue silencieuse
Chez les 55 ans+, l’hyperconnexion crée une forme d’épuisement discret. Le cerveau a moins de temps pour ralentir. Le sommeil devient plus léger. L’attention se fragmente. On est connecté au monde… mais parfois moins présent à ce qui se passe devant soi.
Avec l’âge, notre système nerveux récupère déjà un peu moins vite qu’à 30 ans. Ajouter une stimulation continue peut accentuer : – la fatigue cognitive – l’irritabilité – les difficultés de concentration – les troubles du sommeil.
Beaucoup de boomers ont connu une époque sans cellulaire, sans courriels à toute heure, sans obligation de répondre immédiatement. Ils ont connu les soupers où l’on parlait. Les promenades sans distraction. Les soirées où le téléphone ne sonnait qu’à la maison. Peut-être est-ce pour cela que l’idée de « déconnexion volontaire » séduit de plus en plus.
Reprendre le pouvoir sur son attention Déconnecter ne signifie pas rejeter la technologie. Cela signifie choisir quand et comment l’utiliser.
-Fermer certaines notifications. -Éviter les écrans avant le coucher. -Déposer son téléphone pendant un repas.
-Décider de ne pas répondre après 20 h
-Partir en week-end sans consulter ses courriels.
La dopamine procure une satisfaction instantanée. La présence, elle, nourrit plus profondément.
Et si la vraie modernité n’était pas d’être joignable en tout temps…mais d’être pleinement là, au bon moment ? Ce n’est pas se couper du monde. C’est reprendre le contrôle de son attention.
Plusieurs études montrent qu’une pause numérique améliore le sommeil, réduit l’anxiété et augmente la qualité des échanges. On ne perd pas des relations. On en approfondit d’autres.
Et si les boomers donnions l’exemple ?
Notre génération a déjà traversé des révolutions technologiques majeures. Nous avons appris à nous adapter. Peut-être est-ce aussi nous qui pouvons réapprendre à ralentir et inspirer nos proches et familles à le faire.
Parce qu’au fond, la vraie connexion n’a jamais eu besoin de Wi-Fi.

























Commentaires