À force de vouloir manger santé, est-ce qu’on finit par ne plus savoir quoi manger après 55 ans?
Mangez des légumes. Évitez certains légumes. Mangez des fruits. Attention au sucre des fruits. Les légumineuses sont excellentes pour la santé. Mais méfiez-vous des lectines. Mangez plus de protéines. Réduisez la viande. Les bons gras sont vos amis. Attention aux matières grasses. Et pourquoi ne pas jeûner?

Ouf! À force de vouloir bien manger, on pourrait presque finir par avoir peur d’ouvrir le réfrigérateur.
Depuis quelques années, les conseils alimentaires se multiplient, tout comme les régimes et les courants qui promettent de nous aider à vivre plus longtemps et en meilleure santé. Keto, végétarisme, alimentation méditerranéenne, jeûne intermittent, sans gluten, sans sucre, alimentation anti-inflammatoire, régime carnivore… chacun a ses adeptes et, parfois, ses détracteurs.
Après 55 ans, alors que l’on souhaite justement préserver sa santé, son énergie et son autonomie le plus longtemps possible, comment s’y retrouver?
Quand des aliments « santé » deviennent les méchants
Le Dr Steven Gundry a notamment beaucoup fait parler de lui avec sa théorie sur les lectines, des protéines naturellement présentes dans de nombreux végétaux, notamment les légumineuses, les céréales et certains fruits et légumes. Selon lui, certaines lectines pourraient contribuer à différents problèmes de santé chez certaines personnes. Ses positions ont cependant suscité beaucoup de débats et plusieurs de ses affirmations ne font pas consensus dans la communauté scientifique.
Et c’est précisément là que ça devient intéressant.
Pendant des années, on nous a encouragés à manger davantage de légumes, de grains entiers et de légumineuses. Voilà maintenant que certaines approches nous suggèrent de nous méfier de quelques-uns de ces mêmes aliments.
Alors, qui croire?
Sommes-nous entrés dans l’ère des « religions alimentaires »?
Il suffit parfois d’un repas entre amis pour le constater. L’un ne mange plus de glucides, l’autre ne jure que par le végétal, un troisième pratique le jeûne intermittent et un quatrième vous explique pourquoi il a complètement éliminé le sucre. Et chacun se sent souvent beaucoup mieux depuis qu’il a adopté son alimentation.
Le problème commence peut-être lorsque ce qui fonctionne pour soi devient une vérité universelle. Notre âge, notre état de santé, notre niveau d’activité physique, nos médicaments, nos habitudes et même le plaisir que nous retirons de manger peuvent influencer nos besoins. Il n’existe donc pas nécessairement une assiette parfaite qui convienne à tout le monde.
Après 55 ans, certains besoins deviennent particulièrement importants
Avec les années, l’objectif n’est plus seulement de surveiller son poids. Il faut aussi penser à préserver sa masse musculaire, ses os, son énergie et une bonne santé digestive, tout en continuant à fournir à l’organisme les nutriments dont il a besoin.
Les protéines prennent notamment une importance particulière pour contribuer au maintien de la masse musculaire. Les fibres, les fruits et légumes, les grains entiers et les bonnes sources de matières grasses conservent également leur place dans une alimentation équilibrée pour la plupart des gens.
Et surtout, éliminer plusieurs catégories d’aliments simplement parce qu’elles sont devenues les nouvelles « méchantes » du moment peut parfois compliquer inutilement notre alimentation.
Et si manger santé redevenait… simple?
Peut-être avons-nous tellement cherché l’alimentation parfaite que nous avons oublié une chose essentielle : manger doit aussi demeurer un plaisir.
Découvrir de nouvelles façons de s’alimenter, s’informer et remettre certaines habitudes en question peut être très positif. Mais avant d’éliminer le pain, les tomates, les lentilles, les fruits, les produits laitiers (pasteurisés oui mais garder les non pasteurisés) et la moitié du garde-manger, il vaut mieux se demander si ces restrictions sont réellement nécessaires pour nous.
Après 55 ans, l’objectif pourrait finalement être beaucoup plus simple : manger suffisamment bien pour prendre soin de sa santé, suffisamment varié pour nourrir son corps et suffisamment bon pour avoir encore envie de s’asseoir à table.
Parce qu’à force de chercher l’alimentation parfaite, il ne faudrait surtout pas perdre le plaisir de manger.
Par Carole Lemay
























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