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50 ans déjà et on voyageait pas cher et librement !

Il y a 50 ans, soit le 1er juin 1972, à l’âge de 24 ans, je prenais un vol Montréal-Paris aller seulement avec l’agence de voyage étudiant Tourbec. Prix du vol : 100$. Je partais avec 1300$ en poche et avec une seule idée en tête : faire le tour du monde.

Pour une raison que j’ignore, le vol en question était à bar ouvert. Nous n’avions qu’à nous rendre à l’arrière de l’avion pour nous servir. Après un moment au-dessus de l’Atlantique, comme tout le monde était debout et faisait la fête, les membres de l’équipage, craignant un débordement et prétextant des turbulences, allaient inviter les passagers à retourner à leur place. Mais le mal était fait et j’allais devoir utiliser pour la première et probablement la dernière fois de ma vie le petit sac à usage unique que l’on trouve habituellement à bord de l’avion dans la pochette du siège avant.

En juin 1972, Justin Trudeau était né quelques mois plus tôt (25 décembre 1971). Déjà, il gazouillait dans son berceau, ce qu’il fait encore d’ailleurs à l’occasion sur Twitter, et ne faisait pas encore de phrases complètes, ce qui est toujours le cas. Nixon était président des États-Unis et allait démissionner en août 1974, soit lors de mon passage aux USA sur le chemin du retour au bercail le 1er septembre 1974. C’est également en 1972 que l’Unesco allait créer les sites du patrimoine mondiale. On en compte aujourd’hui, soit 50 ans plus tard, plus de 1000 à travers le monde.

Une fois à Paris en juin 1972, j’allais devoir apprendre peu à peu à faire de ce voyage initiatique autour du monde un mode de vie. Me contenter de peu de confort, dormir à la belle étoile, manger de quoi rester en vie sans plus, voyager de plus en plus léger, laisser place à l’imprévu et me laisser porter au hasard de mes rencontres allaient faire partie de mon quotidien. J’ose croire que le fait d’être l’aîné d’une famille de 11 enfants allait être un atout lorsque vient le temps d’entreprendre un tel périple lorsqu’il faut faire preuve de résilience et se contenter de peu pour mener à bien un tel projet avec un budget de 3$/jour. Ce voyage de 27 mois avec quelque 4000$ en tout et pour tout, incluant un arrêt métro-boulot-dodo en Allemagne (3 mois) et en Australie (1 mois), soit le prix d’une voiture neuve à l’époque, allait sûrement être le meilleur investissement que j’allais faire dans ma vie.

Le ton était donné
Ce voyage autour du monde allait inspirer la suite des choses sur les plans personnel et professionnel. D’autres voyages ont suivi au cours des 50 dernières années, mais chaque fois que je monte à bord d’un avion, c’est comme si j’avais toujours 24 ans et je poursuivais ce voyage sans fin autour du monde… là où je l’ai laissé au moment de mon retour au bercail après plus de 800 jours de vagabondage en septembre 1974. J’ai peut-être aujourd’hui l’âge du professeur Tournesol, mais je me prends toujours pour Tintin. Partir de chez-soi pour un temps, de fait sans limite de temps, et sans contrainte ou crainte du lendemain est un luxe et un privilège, une expérience de liberté que peu de gens peuvent s’offrir même si ce n’est pas une question d’argent. Et c’est toujours dans le même esprit que je reprends la route… pour vivre ces bains de foule et ces contacts avec la réalité locale. Voyager dans sa bulle en tout confort coûterait beaucoup plus cher et serait beaucoup moins intéressant.

Si je tiens à garder contact avec le plus de gens possible aujourd’hui, c’est d’une part parce que je suis convaincu que faire le tour du monde est une expérience de vie exceptionnelle… ce dont j’étais pleinement conscient au moment de mener à terme ce projet de vie il y a 50 ans, mais également parce que je pense qu’il est important d’avoir des projets et des rêves peu importe son âge et que l’on peut toujours jouer, même à 74 ans, un rôle actif dans le monde d’aujourd’hui. Ma collaboration avec plusieurs médias écrits en font foi.

Je n’ai aucunement l’intention de me retirer et de me faire oublier… parce que je pense avoir encore quelque chose à dire et à partager…. et ce, non seulement auprès des gens de ma génération, mais également auprès des jeunes qui adoptent selon moi beaucoup trop tôt la routine du quotidien et le métro-boulot-dodo sans avoir pris le temps d’aller au bout de leurs rêves. On ne remet pas au lendemain ses rêves. Si la pandémie nous a appris quelque chose, c’est bien qu’on a eu tort de reporter certains projets à plus tard.

En mars 2020, c’était déjà une autre époque
Pas si lointaine vous en conviendrez, qui ne reviendra peut-être pas de sitôt, notamment lorsqu’il est question de voyage. Voyager en toute liberté et sans contraintes est peut-être une époque révolue. Ceux et celles qui vagabondaient encore sur les routes du monde en mars 2020

comptent peut-être aujourd’hui parmi les derniers routards que le monde a connus. Pourrais-je un jour me perdre dans un marché de Niamey au Niger, monter à bord d’un train bondé en Inde, prendre un bain de foule au carnaval de Rio… et de le faire sans contrainte et sans masque? Rien n’est moins sûr.

Tant et aussi longtemps que l’ensemble des habitants de la planète n’auront pas réussi à prendre le dessus sur cette pandémie qui n’en finit plus et que les antivax n’auront pas compris que la société dans laquelle nous vivons est plus que la somme de ses membres et que certaines règles doivent s’appliquer à tous pour le bien de tous, comme c’est le cas par exemple quand vient le temps de respecter les feux de circulation, nous n’en sortirons pas… et il sera impossible de vivre au quotidien et de se déplacer en toute sécurité ne serait-ce que pour se rendre au magasin du coin. Tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas compris que la planète Terre est plus que la somme des pays qui se la partagent et la divisent pour mieux régner, l’environnement en prendra pour son rhume… ou sa pandémie.
Par Gérard Coderre
Bonne année 2022!

 

2 Commentaires

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  • Cher Gérard,

    J’ai lu vos mots avec délectation, vous maitrisez l’art du ”storytelling” et vous m’avez fait voyager à travers vos écrits. Moi-même fan de Tintin, je me suis reconnu en vous. Issu de la génération X, je crois sincèrement qu’un regard sur le monde de la génération boomers est un apport essentiel à la vie d’aujourd’hui, elle la bonifie. Je sais que nos générations respectives sont très critiquées, mais un jour notre empreinte sur la société retrouvera ses lettres de noblesse, quand la jeune génération aura atteint l’âge de l’expérience que nous avons. Mais nous ne serons plus là pour le constater. Les générations se succèdent une à une tel la rivière qui coule dans un sens. J’espère bien lire encore plusieurs de vos récits.

    • Merci pour vos bons mots…et content de vous avoir fait voyager dans le temps, ce qui était le but. Car un peu de nostalgie dans ces temps austères met un baune.En souhaitant que nous puissions voyager un jour comme avant.

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